Devenir freelance, c'est à la fois choisir un cadre juridique et s'équiper d'une série de fournisseurs : une banque, un outil de facturation, une assurance, parfois un expert-comptable ou une plateforme de missions. Ce guide suit l'ordre dans lequel ces décisions se prennent, avec pour chacune le point à ne pas manquer et le comparatif correspondant.
1. Choisir un cadre : micro-entreprise, société ou portage
Trois voies principales s'offrent à un freelance :
- la micro-entreprise : création gratuite et rapide, cotisations calculées sur le chiffre d'affaires encaissé, comptabilité réduite à un livre des recettes ; en contrepartie, des plafonds de chiffre d'affaires et aucune déduction des frais réels ;
- la société (EURL ou SASU) : davantage de formalités et un coût de gestion plus élevé, mais les charges réelles sont déductibles et il n'y a pas de plafond ;
- le portage salarial : vous restez salarié d'une société de portage qui facture vos clients, contre des frais de gestion de l'ordre de 5 à 10 % du chiffre d'affaires selon les sociétés.
Le choix est détaillé dans Quel statut juridique choisir pour son entreprise ? et, entre les deux sociétés unipersonnelles, dans SASU ou EURL. Si le portage vous tente, notre comparatif des sociétés de portage met leurs frais côte à côte.
2. Fixer son tarif journalier
Le tarif journalier moyen (TJM) doit couvrir bien plus que le salaire visé : les cotisations sociales, les jours non facturés (prospection, formation, congés, intercontrats), les frais de l'activité et les commissions des plateformes. La méthode de calcul est expliquée pas à pas dans Calcul du TJM.
Si vous passez par une plateforme, intégrez sa commission dès le départ : selon notre comparatif des plateformes freelance, elle va de 0 % sur les sites d'annonces à 20 % sur Fiverr.
3. Créer l'activité
Depuis 2023, toutes les créations d'entreprise, micro-entreprise comprise, se déclarent en ligne sur le guichet unique des formalités d'entreprises. La démarche en micro-entreprise est décrite dans Créer une micro-entreprise : le guide pas à pas, et les plafonds de chiffre d'affaires à ne pas dépasser dans Plafonds micro-entreprise : seuils et dépassement.
Vous êtes encore salarié ou agent public ? Les conditions du cumul sont détaillées dans Salarié ou fonctionnaire et auto-entrepreneur. Vous êtes au chômage ? Inscrivez-vous à France Travail avant de créer, puis choisissez entre l'allocation maintenue et le capital : voir Chômage et micro-entreprise : ARE ou ARCE.
Deux points à décider dès la création :
- l'adresse de l'entreprise : un entrepreneur individuel peut déclarer son domicile, sans limite de durée ; une domiciliation chez un professionnel évite de publier son adresse personnelle (voir notre comparatif des domiciliations) ;
- la TVA : en dessous de 37 500 € de chiffre d'affaires en prestations de services (seuil majoré de 41 250 €), vous bénéficiez de la franchise en base et facturez sans TVA, avec la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » (entreprendre.service-public.gouv.fr).
4. Ouvrir un compte dédié
Un micro-entrepreneur doit avoir un compte dédié à son activité s'il dépasse 10 000 € de chiffre d'affaires deux années de suite ; ce peut être un compte personnel réservé à l'activité (F23266). Pour une société, un compte à son nom est indispensable. Les offres vont de 0 € à plus de 40 € par mois : notre comparatif des banques pro compare virements inclus, dépôt d'espèces et de chèques, frais en devises et garantie des dépôts.
5. S'équiper pour facturer
Chaque facture doit porter des mentions obligatoires, rappelées dans Facture auto-entrepreneur : mentions et modèle. Surtout, la facturation électronique entre entreprises se met en place : depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise, micro-entrepreneur compris, doit pouvoir recevoir des factures électroniques, et les micro-entreprises devront les émettre à partir du 1er septembre 2027 (voir notre guide de la facturation électronique).
Autant choisir dès le départ un outil qui est plateforme agréée ou connecté à l'une d'elles. Plusieurs ont une formule gratuite : voir notre comparatif des logiciels de facturation.
6. Se protéger : RC Pro, santé, prévoyance
- La RC Pro n'est obligatoire que pour certaines professions (santé, droit, expertise comptable, immobilier, bâtiment…), mais beaucoup de clients l'exigent au contrat. Les premiers prix publiés pour un consultant vont de 9 à 15 € par mois : comparatif des RC Pro.
- La santé et la prévoyance : le régime de base verse au plus 65,84 € bruts par jour d'arrêt à un micro-entrepreneur en 2026, après 3 jours de carence et 12 mois d'affiliation, et rien en dessous d'un revenu minimum. Une prévoyance couvre cet écart : comparatif mutuelle et prévoyance.
7. Trouver ses premiers clients
Le réseau personnel et les anciens employeurs sont une première piste. Les plateformes offrent d'autres canaux : places de marché ouvertes (Malt, Codeur.com), intermédiaires sélectifs pour les missions longues (Crème de la Crème, LeHibou), ou sites d'annonces sans commission (Free-Work, 404Works). Leurs commissions et leurs conditions sont comparées dans notre comparatif des plateformes freelance.
8. Tenir ses comptes et payer ses cotisations
En micro-entreprise, vous déclarez chaque mois ou chaque trimestre votre chiffre d'affaires à l'URSSAF, qui calcule les cotisations en appliquant un taux ; le détail est dans Cotisations sociales en micro-entreprise. Pour l'impôt sur le revenu, vous choisissez entre le barème et un prélèvement fixe sur le chiffre d'affaires : voir Versement libératoire ou barème. La comptabilité se limite à un livre des recettes, qu'un logiciel de facturation tient automatiquement.
En société ou au réel, un expert-comptable devient la règle : les prix publiés par les cabinets en ligne commencent autour de 40 à 90 € HT par mois selon le statut, comme le montre notre comparatif des experts-comptables.
Suivez vos contrats au même endroit. Une fois équipé, enregistrez vos contrats (banque, logiciel, assurance…) dans votre espace Indépendants.pro : nous calculons ce que vous coûteraient les autres offres pour votre usage réel et vous prévenons avant chaque échéance.
Dès vos premiers contrats d'au moins 5 000 € HT, votre client vous réclamera une attestation Urssaf à la signature puis tous les six mois : notre guide sur l'attestation de vigilance du freelance explique comment l'obtenir.
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