Un demandeur d'emploi indemnisé qui crée sa micro-entreprise doit choisir entre deux formules : continuer à percevoir son allocation (ARE) chaque mois, réduite en fonction de ses revenus, ou recevoir une partie de ses droits en capital (ARCE). On ne peut pas cumuler les deux. Ce guide compare les deux options selon les règles officielles en vigueur au 28 septembre 2026, et signale ce que les pages officielles elles-mêmes ne disent pas clairement.
À faire avant tout : s'inscrire à France Travail avant de créer l'entreprise. « Pour bénéficier de l'ARCE, ne créez pas votre entreprise AVANT de vous inscrire », rappelle France Travail ; la date retenue est celle du début d'activité ou, à défaut, de l'immatriculation.
Le choix : ARE maintenue ou ARCE
« L'ARCE ne peut pas être versée en plus de l'ARE. Par conséquent, si vous choisissez l'ARCE, vous ne pourrez plus cumuler l'allocation ARE avec la rémunération procurée par votre activité » (France Travail). Le choix se fait donc une fois, au démarrage.
Cas particulier : si votre micro-entreprise existait déjà avant la perte de votre emploi salarié, et qu'elle avait encaissé du chiffre d'affaires, vous pouvez cumuler intégralement l'ARE avec ses revenus, mais l'ARCE n'est pas possible (service-public).
Garder son allocation chaque mois
Chaque mois, 70 % du revenu d'activité est déduit de l'allocation mensuelle. Le résultat, divisé par l'allocation journalière, donne le nombre de jours indemnisés (Unédic) :
Jours indemnisés = (allocation mensuelle − 70 % du revenu du mois) ÷ allocation journalière
Exemple : allocation journalière de 40 €, soit 1 200 € pour un mois de 30 jours. Un mois où le revenu retenu est de 1 000 € : (1 200 − 700) ÷ 40 = 12,5, arrondi à 13 jours, soit 520 € d'allocation. Revenu total du mois : 1 520 €. Les 17 jours non indemnisés ne sont pas perdus : ils repoussent d'autant la fin des droits.
- Quel revenu pour un micro-entrepreneur ? France Travail indique que vous déclarez votre chiffre d'affaires et qu'« un abattement forfaitaire, relatif à la nature de votre activité, s'applique ». Aucune page officielle consultée ne donne le pourcentage de cet abattement ; il correspond logiquement à l'abattement fiscal (71, 50 ou 34 %), l'Unédic renvoyant au « périmètre retenu pour le calcul de l'impôt sur le revenu ». En cas de doute, demandez-le à votre conseiller.
- Plafond : allocation et revenu cumulés ne peuvent pas dépasser la moyenne des salaires qui a servi au calcul de votre ARE.
- Plafond de 60 % des droits : si votre contrat a pris fin à partir du 1er avril 2025, le cumul n'est possible que dans la limite de 60 % des droits restants au démarrage de l'activité. Pour les 40 % restants, vous pouvez saisir l'instance paritaire régionale dans les 6 mois, si l'activité est effective mais ne vous a procuré aucune rémunération.
- Revenus pas encore connus : France Travail verse un paiement provisoire égal à 70 % de l'allocation, ou une avance de 80 %, régularisés sur justificatifs (chaque trimestre si vous le demandez, pour un micro-entrepreneur).
Toucher 60 % de ses droits en capital
L'ARCE est égale à 60 % des droits restants (jours restants × allocation journalière) à la date de création, moins une participation de 3 % au financement des retraites complémentaires. Exemple officiel de France Travail : 40 € × 518 jours × 60 % = 12 432 €, soit 12 059 € après déduction.
- Deux versements : la moitié à la création, l'autre six mois plus tard, à condition d'exercer toujours l'activité et de ne pas être en CDI à temps plein.
- Conditions : avoir créé l'entreprise après la fin du contrat de travail, avoir droit à l'ARE, et avoir obtenu l'ACRE, qui est obligatoire.
- Fiscalité : l'ARCE est soumise à la CSG et à la CRDS et imposable dans la catégorie des traitements et salaires.
- Retraite : l'ARCE ne valide pas de trimestres de retraite de base, contrairement à l'ARE maintenue (service-public, vérifié le 13 août 2026).
Les deux options côte à côte
| ARE maintenue | ARCE | |
|---|---|---|
| Montant | Allocation mensuelle réduite de 70 % du revenu | 60 % des droits restants, moins 3 % |
| Versement | Chaque mois | En deux fois, à 6 mois d'intervalle |
| Durée | Jusqu'à épuisement des droits (60 % d'entre eux si fin de contrat depuis le 1er avril 2025) | Capital versé une fois |
| ACRE | Possible, non obligatoire | Obligatoire |
| Trimestres de retraite | Validés pendant l'indemnisation | Non |
| Plutôt adaptée quand… | le chiffre d'affaires démarre lentement ou reste irrégulier | il faut financer un investissement de départ, ou les revenus seront vite élevés |
Sources : France Travail, Unédic, service-public (fiches F15252 et F36613). La dernière ligne est notre lecture des règles, pas une recommandation officielle.
Si vous hésitez entre la micro-entreprise et d'autres formes d'activité, le comparatif portage, EURL ou SASU détaille ce que devient l'allocation dans chaque cas : en portage salarial, les droits se rechargent comme pour un salarié.
L'ACRE en 2026 : 25 % pour les micro-entreprises
L'aide aux créateurs et repreneurs d'entreprise (ACRE) réduit les cotisations sociales en début d'activité. Pour une micro-entreprise créée à partir du 1er juillet 2026, l'exonération n'est plus que de 25 % (décret n° 2026-69 du 6 février 2026), jusqu'à la fin du troisième trimestre civil qui suit le début d'activité.
| Activité | Début jusqu'au 30 juin 2026 | Début depuis le 1er juillet 2026 | Taux plein |
|---|---|---|---|
| Vente (BIC) | 6,2 % | 9,3 % | 12,3 % |
| Services (BIC) | 10,6 % | 15,9 % | 21,2 % |
| Libéral (BNC, SSI) | 12,8 % | 19,2 % | 25,6 % |
| Libéral (Cipav) | 13,4 % | 17,4 % | 23,2 % |
Source : autoentrepreneur.urssaf.fr ; service-public (vérifié le 1er juillet 2026). Un article de France Travail intitulé « guide complet 2026 » indique encore 50 % pendant 12 mois : c'est inexact pour une micro-entreprise créée depuis le 1er juillet 2026.
- Demande obligatoire dans les 60 jours qui suivent le début d'activité, auprès de l'URSSAF. Sans réponse sous 30 jours, l'ACRE est accordée.
- Bénéficiaires : notamment les allocataires de l'ARE ou de l'ASP, les demandeurs d'emploi non indemnisés inscrits plus de 6 mois au cours des 18 derniers mois, les bénéficiaires du RSA ou de l'ASS, les 18-25 ans. Il ne faut pas en avoir bénéficié au cours des 3 années précédentes.
- L'ACRE est considérée comme utilisée sur toute la période, même sans chiffre d'affaires.
Les autres cas d'accès à l'ACRE sont détaillés dans ACRE : l'exonération de début d'activité.
Si l'activité s'arrête
- Après l'ARE maintenue : si l'activité cesse définitivement, le versement du reliquat de droits peut reprendre, après réinscription.
- Après l'ARCE : les 40 % de droits non versés peuvent être repris après réinscription, avec un différé correspondant au second versement de l'ARCE.
- Délai : les droits restants se perdent trois ans après la date d'ouverture du droit, augmentés de la durée des droits initiaux.
- Nouveaux droits : seules les périodes de travail salarié permettent de recharger des droits au chômage.
Questions fréquentes
Peut-on toucher le chômage en étant auto-entrepreneur ?
Oui : l'allocation continue d'être versée, réduite de 70 % du revenu d'activité de chaque mois, dans la limite de 60 % des droits restants si le contrat a pris fin depuis le 1er avril 2025. On peut aussi choisir de recevoir 60 % des droits en capital (ARCE), mais pas les deux.
L'ARCE est-elle de 45 % ou de 60 % ?
60 % des droits restants, moins 3 % de participation aux retraites complémentaires, selon France Travail, l'Unédic et service-public au 28 septembre 2026.
Faut-il l'ACRE pour obtenir l'ARCE ?
Oui, l'ACRE est une condition de l'ARCE. Pour une micro-entreprise, elle doit être demandée à l'URSSAF dans les 60 jours qui suivent le début d'activité.
Quel chiffre d'affaires déclarer à France Travail ?
Le chiffre d'affaires encaissé : France Travail applique ensuite un abattement forfaitaire selon la nature de l'activité. Le taux de cet abattement n'est pas précisé sur ses pages ; vérifiez-le auprès de votre conseiller.
Que se passe-t-il si mon entreprise ne marche pas ?
Vous pouvez vous réinscrire et reprendre le reste de vos droits, dans un délai de trois ans après l'ouverture du droit augmenté de sa durée initiale. Après l'ARCE, ce sont les 40 % non versés qui peuvent être repris.
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