Versement libératoire ou barème : lequel choisir en micro-entreprise ?

Taux, seuils de revenu 2026 et 2027, quatre exemples chiffrés, et la date limite du 30 septembre pour opter.

Guides · Mis à jour le 28 septembre 2026

Un micro-entrepreneur a deux façons de payer son impôt sur le revenu : le versement libératoire, un pourcentage fixe du chiffre d'affaires payé avec les cotisations sociales, ou l'imposition au barème, sur le revenu après abattement, avec les autres revenus du foyer. Aucune des deux n'est toujours la moins chère : tout dépend du chiffre d'affaires, du type d'activité et des autres revenus du foyer. Ce guide reprend les règles officielles en vigueur au 28 septembre 2026, et chiffre quatre situations.

Pour 2027, l'option doit être demandée au plus tard le 30 septembre 2026, à l'URSSAF, depuis votre espace sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Après cette date, elle ne pourra s'appliquer qu'en 2028. La renonciation suit le même calendrier.

Versement libératoire ou barème : le principe

ActivitéVersement libératoire (sur le CA)Au barème : revenu imposéCotisations sociales 2026
Vente de marchandises, restauration, hébergement (BIC)1 %CA − 71 %12,3 %
Prestations de services commerciales et artisanales (BIC)1,7 %CA − 50 %21,2 %
Professions libérales (BNC)2,2 %CA − 34 %25,6 % (23,2 % Cipav)

Sources : article 151-0 du code général des impôts ; entreprendre.service-public.gouv.fr (vérifié le 13 mai 2026) ; impots.gouv.fr (juin 2026) ; taux de cotisations : autoentrepreneur.urssaf.fr. L'abattement ne peut pas être inférieur à 305 €.

Avec le versement libératoire, l'impôt est payé au fil de l'eau, chaque mois ou chaque trimestre, sur le chiffre d'affaires hors taxes déclaré à l'URSSAF, et il est définitif pour ces revenus. Au barème, le chiffre d'affaires diminué de l'abattement forfaitaire s'ajoute aux autres revenus du foyer et subit le barème progressif, avec des acomptes de prélèvement à la source.

Qui peut opter en 2027

Deux conditions : relever du régime micro-social, et avoir un revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année inférieur ou égal, par part de quotient familial, à la limite de la deuxième tranche du barème de l'année précédente.

Foyer (nombre de parts)Option en 2026 : RFR 2024 maximumOption en 2027 : RFR 2025 maximum
Personne seule (1 part)29 315 €29 579 €
1,5 part43 972,50 €44 368,50 €
Couple (2 parts)58 630 €59 158 €
Couple avec 1 enfant (2,5 parts)73 287,50 €73 947,50 €
Couple avec 2 enfants (3 parts)87 945 €88 737 €

29 315 € : URSSAF (actualité du 4 septembre 2025). 29 579 € et les montants pour 2, 2,5 et 3 parts : service-public, dans la fiche qui prend l'exemple d'une demande faite avant le 30 septembre 2026 pour 2027. Les montants pour 1,5 part et pour 2026 au-delà d'une part sont nos calculs, selon la règle légale (+ 50 % par demi-part). La page « versement libératoire » d'impots.gouv.fr affiche encore les seuils de 2024 : ne vous y fiez pas.

Le revenu fiscal de référence figure sur votre avis d'impôt. Pour ce calcul, les revenus soumis au versement libératoire sont comptés comme s'ils ne l'étaient pas : chiffre d'affaires moins l'abattement de 71, 50 ou 34 % (BOFiP, BOI-BIC-DECLA-10-40-10).

Quatre exemples chiffrés

Personne seule, sans autre revenu, sans réduction ni crédit d'impôt, barème appliqué aux revenus de 2025 (le barème des revenus de 2026 sera fixé par la loi de finances pour 2027, non votée à ce jour).

SituationRevenu imposable au barèmeImpôt au barème (après décote)Versement libératoireÉcart
Vente, CA 60 000 €17 400 €30 €600 €Barème moins cher de 570 €
Libéral (BNC), CA 30 000 €19 800 €413 €660 €Barème moins cher de 247 €
Services (BIC), CA 55 000 €27 500 €1 643 €935 €Versement libératoire moins cher de 708 €
Libéral (BNC), CA 44 000 €29 040 €1 889 €968 €Versement libératoire moins cher de 921 €

Nos calculs. Barème des revenus 2025 : 0 % jusqu'à 11 600 €, 11 % jusqu'à 29 579 €, 30 % au-delà (service-public). Décote pour une personne seule : 897 € moins 45,25 % de l'impôt brut, si celui-ci est inférieur à 1 982 € (BOFiP BOI-IR-LIQ-20-20-30). Dans chaque exemple, le revenu reste sous le seuil d'accès au versement libératoire.

Ce qui en ressort :

  • Tant que le foyer est peu ou pas imposable, le barème est presque toujours moins cher, grâce à la tranche à 0 % et à la décote. Le versement libératoire, lui, est dû dès le premier euro de chiffre d'affaires : impots.gouv.fr donne l'exemple d'un foyer non imposable qui paierait 110 € avec l'option, contre 0 € sans.
  • Quand le revenu entre nettement dans la tranche à 11 %, et à plus forte raison pour un foyer dont les autres revenus atteignent la tranche à 30 %, le versement libératoire devient avantageux, surtout pour les activités de services.
  • Le type d'activité compte : en vente, l'abattement de 71 % rend le barème très favorable ; en libéral, l'abattement plus faible (34 %) fait basculer plus tôt.

Pour votre propre situation, le simulateur de l'URSSAF (mon-entreprise.urssaf.fr) compare les deux options avec les revenus de tout le foyer.

Ce que le versement libératoire ne change pas

  • Les autres revenus du foyer restent imposés au taux de l'ensemble : « l'impôt afférent à vos autres revenus est calculé au taux correspondant à l'ensemble des revenus, y compris ceux soumis au versement libératoire » (impots.gouv.fr). Le chiffre d'affaires reste donc déclaré chaque année (déclaration 2042-C-PRO), sans être imposé une seconde fois.
  • L'option est individuelle : dans un couple, chacun décide pour sa propre micro-entreprise.
  • Le prélèvement à la source n'est pas toujours annulé : service-public conseille de vérifier et de supprimer l'acompte programmé sur ces revenus depuis votre espace impots.gouv.fr.
  • Les cotisations sociales ne changent pas : le versement libératoire s'ajoute aux cotisations (13,3 % au total en vente, 22,9 % en services, 27,8 % en libéral hors contribution à la formation professionnelle).

Dates limites, renonciation, sortie

  • Option : au plus tard le 30 septembre pour l'année suivante ; en cas de création, jusqu'au dernier jour du troisième mois qui suit la création (activité démarrée en septembre 2026 : jusqu'au 30 décembre 2026).
  • Durée : l'option se reconduit chaque année tant qu'elle n'est pas dénoncée.
  • Renonciation : au plus tard le 30 septembre, pour l'année suivante.
  • Sortie automatique : l'année où vous quittez le régime micro (après deux années consécutives de dépassement des plafonds de 203 100 € en vente et 83 600 € en services), ou la deuxième année qui suit celle où le revenu du foyer a dépassé le seuil.

Le fonctionnement général du régime (plafonds, déclarations, cotisations) est détaillé dans Régime micro-entreprise 2026 et Plafonds de la micro-entreprise. Les logiciels de facturation qui déclarent le chiffre d'affaires à l'URSSAF calculent aussi le versement libératoire.

Questions fréquentes

Quel est le taux du versement libératoire en 2026 ?

1 % du chiffre d'affaires pour la vente de marchandises, la restauration et l'hébergement, 1,7 % pour les autres prestations de services commerciales ou artisanales, 2,2 % pour les activités libérales (BNC).

Jusqu'à quand peut-on opter pour le versement libératoire pour 2027 ?

Jusqu'au 30 septembre 2026, auprès de l'URSSAF. Un créateur d'entreprise a jusqu'au dernier jour du troisième mois qui suit sa création.

Le versement libératoire est-il intéressant si je ne suis pas imposable ?

En général non : il est dû sur chaque euro de chiffre d'affaires, alors qu'au barème un foyer non imposable ne paie rien. Il devient intéressant quand le revenu du foyer entre nettement dans les tranches imposables.

Peut-on revenir en arrière ?

Oui : la renonciation se demande à l'URSSAF au plus tard le 30 septembre, et prend effet au 1er janvier suivant.

Faut-il encore déclarer son chiffre d'affaires aux impôts ?

Oui, sur la déclaration annuelle de revenus (2042-C-PRO). Il n'est pas imposé une seconde fois, mais il sert à calculer le revenu fiscal de référence et le taux appliqué aux autres revenus du foyer.

Une information à corriger ? Les offres changent souvent. Si vous voyez un tarif dépassé, dites-le-nous avec le lien vers la source : nous corrigeons. Signaler une erreur