- Quelle caisse de retraite ?
- Comment les trimestres se valident en micro-entreprise
- Le chiffre d'affaires qui valide un trimestre en 2026
- La retraite complémentaire
- Au réel : taux et cotisation minimale
- Âge légal et durée d'assurance en 2026
- Les leviers pour compléter sa retraite
- Questions fréquentes
La retraite d'un auto-entrepreneur se construit avec le chiffre d'affaires déclaré : pas de cotisation, pas de trimestre. La règle de calcul a changé en 2026, et un faible chiffre d'affaires peut laisser une année entière sans aucun trimestre validé. Ce guide reprend les règles officielles en vigueur au 28 septembre 2026.
Quelle caisse de retraite ?
- Activité commerciale, artisanale ou libérale non réglementée (consultant, développeur, formateur, coach, rédacteur…) : l'Assurance retraite, avec la Carsat de votre lieu de résidence comme interlocuteur.
- Profession libérale relevant de la Cipav (architectes, ingénieurs-conseils, ostéopathes, psychologues, diététiciens, moniteurs de ski, experts judiciaires…) : la Cipav, qui verse les prestations ; les cotisations sont, elles, payées à l'URSSAF.
- Autres professions libérales réglementées : la section de la CNAVPL de la profession (CARMF pour les médecins, CARPIMKO pour les infirmiers et kinésithérapeutes…), ou la CNBF pour les avocats.
Sources : urssaf.fr (avril 2026), lacipav.fr. L'affiliation à la Cipav se fait automatiquement selon le code d'activité attribué à l'immatriculation.
Comment les trimestres se valident en micro-entreprise
Depuis 2026, pour un micro-entrepreneur relevant de l'Assurance retraite, les trimestres ne dépendent plus d'un chiffre d'affaires minimum fixé à l'avance mais des cotisations réellement payées pour la retraite de base. Le calcul se fait en quatre temps (circulaire Cnav 2026-12) :
- les cotisations payées sont égales au chiffre d'affaires multiplié par le taux global (12,3 % pour la vente, 21,2 % pour les prestations commerciales et artisanales, 25,6 % pour les prestations libérales en 2026) ;
- une part fixe de ces cotisations est affectée à la retraite de base : 43,45 % pour les activités commerciales et artisanales, 46,40 % pour les libérales relevant de l'Assurance retraite ;
- cette part est convertie en « revenu cotisé », en la rapportant au taux de retraite de base des indépendants au réel (17,87 %) ;
- chaque tranche de revenu cotisé égale à 150 heures de SMIC (1 803 € en 2026, avec un SMIC horaire de 12,02 € au 1er janvier) valide un trimestre, dans la limite de quatre par an.
L'ACRE, qui réduit les cotisations en début d'activité, est neutralisée pour ce calcul : elle ne fait pas perdre de trimestres.
Le chiffre d'affaires qui valide un trimestre en 2026
L'administration ne publie plus de table pour les micro-entrepreneurs relevant de l'Assurance retraite. En appliquant la formule officielle ci-dessus aux taux 2026, on obtient les montants suivants (notre calcul, chiffre d'affaires annuel) :
| Activité | 1 trimestre | 2 trimestres | 3 trimestres | 4 trimestres |
|---|---|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 6 029 € | 12 057 € | 18 086 € | 24 115 € |
| Prestations commerciales ou artisanales (BIC) | 3 498 € | 6 996 € | 10 493 € | 13 991 € |
| Prestations libérales, Assurance retraite (BNC) | 2 712 € | 5 425 € | 8 137 € | 10 850 € |
| Professions libérales Cipav montants officiels | 2 792 € | 5 584 € | 8 376 € | 11 168 € |
Trois premières lignes : calcul Indépendants.pro d'après la circulaire Cnav 2026-12 et les clés de répartition 2026 publiées par l'URSSAF, pour des cotisations entièrement payées ; valeurs indicatives, seul le relevé de carrière fait foi. Ligne Cipav : montants publiés par l'URSSAF et la Cipav pour 2026.
À retenir : sous ces montants, l'année ne valide pas le nombre de trimestres correspondant. Selon ce calcul, un consultant micro-entrepreneur relevant de l'Assurance retraite qui facture moins de 2 712 € dans l'année ne valide aucun trimestre au titre de cette activité.
La retraite complémentaire
Une autre part des cotisations finance la retraite complémentaire des indépendants, sous forme de points : 19,75 % du forfait pour les activités commerciales et artisanales, 21 % pour les libérales relevant de l'Assurance retraite. Chez la Cipav, la retraite de base s'acquiert à raison d'un point pour 7,53 € de cotisation et la complémentaire d'un point pour 47,40 € (fiche pratique Cipav 2026).
Au réel : taux et cotisation minimale
Pour un artisan, un commerçant ou un libéral non réglementé au réel, les cotisations de retraite sont calculées sur le revenu (urssaf.fr, 2026) :
- retraite de base : 17,87 % jusqu'à 48 060 € (le plafond de la Sécurité sociale), 0,72 % au-delà ;
- retraite complémentaire : 8,10 % jusqu'à 48 060 €, 9,10 % jusqu'à quatre fois ce plafond.
Contrairement à la micro-entreprise, le réel prévoit une cotisation minimale de retraite de base : 967 € par an en 2026, calculés sur une assiette de 5 409 €, qui valide trois trimestres même en cas de revenu faible ou nul.
Âge légal et durée d'assurance en 2026
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a suspendu la réforme de 2023 pour les retraites prenant effet à partir du 1er septembre 2026 (service-public.fr) :
| Année de naissance | Âge légal | Trimestres pour le taux plein |
|---|---|---|
| 1963, 1964, janvier à mars 1965 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| Avril à décembre 1965 | 63 ans | 171 |
| 1966 | 63 ans et 3 mois | 172 |
| 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 |
| 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 |
| 1969 et après | 64 ans | 172 |
Quel que soit le nombre de trimestres, le taux plein est acquis à 67 ans. Les trimestres se comptent tous régimes confondus : ceux validés comme salarié s'ajoutent à ceux de l'activité indépendante.
Les leviers pour compléter sa retraite
- Le rachat « Madelin » : un indépendant peut compléter jusqu'à quatre trimestres par année civile sur ses six dernières années, s'il est à jour de ses cotisations ; les trimestres obtenus comptent comme cotisés et le montant est déductible du revenu (lassuranceretraite.fr).
- Le versement pour la retraite : rachat d'années d'études supérieures ou d'années incomplètes, jusqu'à douze trimestres, à tarif réduit pour les études jusqu'à 40 ans.
- Le plan d'épargne retraite (PER) individuel : les versements sont déductibles du revenu global, y compris pour un micro-entrepreneur, dans la limite de 10 % des revenus d'activité de l'année précédente (au moins 4 710 €, au plus 37 680 € pour les versements 2026) ; pour un micro-entrepreneur, les revenus retenus sont le chiffre d'affaires après abattement (impots.gouv.fr). Son fonctionnement est détaillé dans PER : fonctionnement, fiscalité et défiscalisation.
- Le cumul emploi-retraite : un retraité peut exercer en micro-entreprise ; avec toutes ses retraites liquidées et le taux plein, le cumul est intégral et peut ouvrir une seconde retraite. Les règles changent pour les retraites débutant à partir du 1er janvier 2027.
Pour connaître vos trimestres et une estimation de pension, le service officiel « Mon estimation retraite » d'info-retraite.fr reprend l'ensemble de votre carrière.
Questions fréquentes
Un auto-entrepreneur cotise-t-il pour sa retraite ?
Oui : une part fixe de ses cotisations, calculées sur le chiffre d'affaires, finance la retraite de base et la retraite complémentaire. Mais il n'y a pas de cotisation minimale : un chiffre d'affaires faible valide peu ou pas de trimestres.
Combien faut-il de chiffre d'affaires pour valider 4 trimestres ?
Selon notre calcul d'après la formule officielle 2026 : environ 24 115 € en vente, 13 991 € en prestations commerciales ou artisanales et 10 850 € en prestations libérales relevant de l'Assurance retraite. Pour la Cipav, le montant officiel est de 11 168 €.
L'ACRE fait-elle perdre des trimestres ?
Non : la réduction de cotisations accordée au titre de l'ACRE est neutralisée dans le calcul des droits à la retraite.
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